Nucléaire: Les pays arabes s’y mettent aussi

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Arabie saoudite, Egypte, Emirats… tous pour le nucléaire «électrique»

Plus de 70 projets de construction de centrales en cours le grand lot concentré en Asie avec la Chine en tête

Le glas ne sonnera pas pour l’utilisation nucléaire dans le monde, même après l’inqualifiable accident de Fukushima au Japon en 2011 et des dégâts engendrés. Mais cela a au moins permis de remettre en question la sécurité et la fiabilité des installations nucléaires. Un sujet qui interpelle au plus haut point la communauté internationale qui redouble d’effort pour renforcer les mesures de contrôle afin de ne pas arriver au pire.

Après la catastrophe de 2011, on enregistre ces dernières années une reprise du marché du nucléaire avec un carnet de commandes bien garni. Aujourd’hui, plus de 70 projets de construction de réacteurs pour la production d’électricité sont lancés dans le monde, la plupart dans les pays asiatiques, indique un expert dans le domaine du nucléaire. La Chine se positionne en tête avec une trentaine d’unités, suivie de la Russie et l’Inde. D’autres pays arabes ambitionnent d’intégrer le club du nucléaire. Selon notre expert, l’Egypte a décidé de se diriger, elle aussi, vers le nucléaire «électrique» en signant à cet effet un programme avec  les Russes pour la construction de sa première centrale de 4 réacteurs.
Dans la même dynamique, les Emirats arabes unis qui disposent d’un programme de 4 réacteurs dont le premier sera mis en service l’année prochaine. L’Arabie saoudite est également engagée dans ce chantier pour un programme prévisionnel de 16 réacteurs. D’autres pays africains aspirent pour leur part au nucléaire comme cela est le cas pour le Kenya, le Ghana et même l’Algérie. «Mais certains pays producteurs de pétrole vont probablement revoir leur programme à cause de l’impact de la baisse des prix du pétrole sur leur capacité financière», estime notre source. Car le coût d’une centrale nucléaire d’une capacité de 1.000 MWe (électricité) nécessite pas moins de 5 milliards de dollars. Le deuxième secteur qui bénéficie des apports des techniques utilisant les sources de rayonnements ionisants est la santé. Chaque année, 35 millions de personnes dans le monde sont diagnostiquées ou soignées grâce à la médecine nucléaire, rappelle notre expert.
La demande mondiale en isotopes radioactifs est en forte croissance en corrélation avec le nombre de nouveaux cas de cancers qui seront diagnostiqués chaque année dans le monde grâce à la médecine nucléaire.
Toujours dans le même registre, on avance que le nucléaire constitue une énergie propre pouvant apporter des solutions aux problèmes posés par les changements climatiques. Il s’agit à titre d’exemple du dessalement de l’eau de mer au profit des pays souffrant d’un déficit hydrique. Cependant, il faut noter que la perception du nucléaire chez le public reste méfiante. En plus des risques et les catastrophes qu’il peut engendrer, il existe également le problème de la gestion et le stockage définitif des déchets nucléaires, notamment les combustibles utilisés par les réacteurs.
Sur ce point, notre expert tient à signaler que des techniques très fiables ont été développées par les pays nordiques pour assurer ce stockage de déchets.

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Plus de 400 réacteurs dans le monde

Les applications de la radioactivité et des matières nucléaires couvrent actuellement presque tous les secteurs socio-économiques, en particulier le domaine énergétique où elles sont plus visibles et plus connues par le public. En effet, l’énergie nucléaire contribue à plus de 11% de la production électrique internationale avec environ 440 réacteurs opérationnels dans le monde. Les Etats-Unis d’Amérique abritent le grand lot, près d’une centaine de centrales, suivis de la France qui produit le plus d’électricité d’origine nucléaire.